Accueil > Blog > Actualités > Que deviennent les champions chinois de Wushu ?
Publié par Yoni dans Actualités le vendredi 13 novembre 2009 à 19h00
Un article intéressant mis en ligne sur Global Times (un site anglophone traitant de l'actualité en Chine) qui traite ici des aspirations de nombreux "jeunes retraités" chinois après avoir glanés tous les titres nationaux et internationaux en Wushu. Il apparait que la plupart d'entre eux préfèrent malgré tout rester dans le monde des arts martiaux chinois en choisissant une carrière d'entraineur afin de garder une forme de continuité logique et de transmettre une expérience et de précieux conseils à la nouvelle génération mais aussi de participer à l'élan national qui vise à faire du Wushu un sport majeur grâce notamment à une future éventuelle intégration aux Jeux Olympiques.
Même si devenir à son tour professeur semble être la voie la plus empruntée, on constate que certains d'entre eux accèdent au statut de fonctionnaire du gouvernement chinois ou alors tente d'embrasser une carrière au cinéma.
A mon humble avis, un excellent compétiteur ne deviendra pas nécessairement un bon entraineur. Il est vrai que l'expérience engrangée par ces sportifs de haut niveau paraît irremplaçable car l'ayant vécu eux-mêmes durant plusieurs années, ils connaissent la pression et peuvent donc enseigner à la gérer au mieux. De ce fait, en tant qu'entraineur, ils peuvent développer une forte empathie et ainsi permettre à leurs élèves de la surmonter efficacement. Ceci étant, il m'est arrivé fréquemment de voir de jeunes "retraités-entraineurs chinois" s'acharner à reproduire les méthodes qui avaient relativement bien fonctionné pour eux-mêmes sans chercher à les optimiser ni les adapter en fonction de leurs différents "disciples". En discutant avec ces instructeurs, ils sont persuadés que leur façon d'enseigner est infaillible et qu'il n'y a rien à changer.
Des divergences d'opinion voire incompréhensions comme celle-ci, on peut en vivre tous les jours en Chine. Il ne s'agissait pas de déterminer qui a raison ou tort mais de tenter d'appréhender la façon de penser et de concevoir la formation sportive de l'autre. J'ai compris leurs points de vue car ils gardent malgré tout une certaine cohérence mais je ne suis pas sûr que mes interlocuteurs aient essayé de me comprendre réellement. Essayer de comprendre une culture si différente de la sienne n'est pas toujours simple mais vraiment très enrichissant.
Ce texte revient également sur les caractéristiques de compétition type de Wushu de nos jours. Une partie technique avec des "productions de formes" les Taolus (mians nues ou avec armes) et une partie combat (certains préféreraient parler d'assauts ou de sparring) avec le Sanshou. Le journaliste revient par ailleurs sur la réforme de 2003 annonçant l'introduction d'un certain nombre de nouvelle difficultés techniques qui entrent dans la note globale et représentent 2 points sur 10 possibles. A partir de cette date, la notation de la prestation d'ensemble portait sur 3 critères et semble apparaitre alors plus objective:
HUANG Jianggang, actuel entraineur de la province du guangdong (Canton) précise qu': "autrefois, il était possible de d'utiliser des temps de pause entre chaque combinaisons de mouvement alors qu'aujourd'hui, après l'introduction de nouvelles règles, tous les mouvements doivent être continus". Déjà de nombreux débats font rage en Chine pour déterminer les évolutions à venir pour étoffer encore un peu plus les compétitions de Wushu comme par exemple un travail sur les tenues ou les Taolus sur fond musical.
L'article se termine sur un constat: même en Chine, le Wushu nest pas encore considéré comme un sport majeur et reste loin derrière des sports comme le basketball (grâce notamment à Yao Ming, le pivot des Rockets) par exemple. Après l'échec de Beijing (Pékin) n'ayant pas réussi à convaincre le CIO de faire du Wushu une discipline olympique, la "stratégie marketing" visant à attirer toujours plus de pratiquants localement a dû être quelque peu modifiée. De nombreuses initiatives sont amorcées avec des "camps d'entrainement" pour sensibiliser les néophytes ou encore l'intégration officielle du Wushu comme discipline scolaire (ce qui ravirait beaucoup de pratiquants en France !).
La Fédération Internationale de Wushu basée à Beijing cherche à promouvoir toujours plus de compétitions et assure déjà la présence de ces compétitions de Wushu dans tous les événements sportifs asiatiques majeurs. Ce texte se conclut mettant en avant les bienfaits de Wushu faisant de nous des êtres en meilleure santé et véhiculant une culture marquée d'une forte authentiicité. Et comme dans tous les sports, le Wushu nous permettra également de vivre des moments intenses en tant que discipline très spectaculaire.
Mots clés : compétition wushu - champions chinois
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